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Nous sommes en colère !

mardi 1er juin 2021, par Augustin Grosdoy, Président

Pendant 11 jours de ce mois de mai 2021, un déluge de feu s’est abattu à nouveau sur les populations palestiniennes de Gaza, faisant au moins 232 morts dont un tiers d’enfants. Depuis des années, toutes les initiatives pacifiques de la société civile de Gaza, et notamment les Marches du Retour de 2018-2019, ont été ignorées et noyées dans le sang.

La situation en Palestine occupée s’aggrave de jour en jour, en particulier à Jérusalem-Est occupé où près de 60 000 colons juifs supplémentaires se sont installés depuis vingt ans. Des maisons sont détruites à Silwan. A Sheikh Jarrah, 300 résidents palestiniens sont menacés d’expulsion. Alors que les colons-agresseurs sont protégés par l’armée israélienne, les rassemblements du peuple palestinien sont violemment réprimés.

Les Palestiniens d’Israël, de Jérusalem-Est, de Cisjordanie se sont unis pour dénoncer l’occupation israélienne et protester contre les bombardements meurtriers de Gaza.

Nous sommes en colère !

Nous ne confondons pas le colonisé et le colonisateur, l’occupé et l’occupant, l’agressé et l’agresseur.

Nous sommes en colère contre le gouvernement français et les gouvernements occidentaux qui renvoient dos à dos les parties en conflit et refusent d’exiger du gouvernement israélien qu’il respecte le droit international

Nous sommes accablés par l’hypocrisie et la pusillanimité de "la communauté internationale". Comment les pays occidentaux peuvent-ils encore trouver des excuses et protéger Israël en ne voyant en lui qu’une victime ?

Les agressions militaires et la violence exercée à l’encontre du peuple palestinien, l’annexion rampante de la Cisjordanie, le vidage de Jérusalem-Est de ses habitants palestiniens, l’instauration de l’apartheid doivent être condamnées.

La Cour Pénale Internationale doit poursuivre sa mission d’enquête sur les crimes commis en territoire palestinien occupé depuis juin 2014. De réelles sanctions doivent être prises tant que l’État d’Israël commet des crimes de guerre et bafoue le droit international. Les accords commerciaux, militaires et sécuritaires, notamment l’accord d’association de l’Union européenne avec Israël doivent être suspendus.

Dans l’immédiat, la France peut donner un signal fort en reconnaissant l’État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

La seule solution pour une paix durable entre Palestiniens et Israéliens passe par la fin du blocus de Gaza, de la colonisation, de la politique d’apartheid, le respect du droit international avec la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

Nous appelons toute personne attachée au droit international et aux droits humains universels à se mobiliser pour soutenir le peuple palestinien et les pacifistes israéliens.

Ne pas agir pour imposer les droits des Palestiniens, c’est se condamner à une tragique répétition de l’histoire.

Paris, le 25 mai 2021