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Édito du mois de décembre : Pour les droits et les libertés

jeudi 3 décembre 2020, par Augustin Grosdoy, Président

La fin du mois de novembre et ce début décembre ont été l’occasion de grandes mobilisations pour la défense des droits et libertés.
Le MRAP y a pris toute sa place.

A la mi-novembre, un camp de migrants installé à Saint-Denis était démantelé par les forces de l’ordre dans des conditions de violences dénoncées par les bénévoles présents.

Aucune solution de relogement digne et pérenne n’a été proposée à ces personnes en grande précarité, à la rue et qui ne demandent qu’à vivre dignement parmi nous.

Mais ce n’est pas le sujet… L’objectif premier des pouvoirs publics est de les rendre invisibles.

Le lundi 23 novembre c’est sous la statue de la République que cette politique indigne s’est manifestée. La police a franchi un palier dans sa violence exercée contre les migrants, leurs soutiens, des journalistes, des élus, des avocats.
Dans le même temps, de multiples initiatives gouvernementales, reprises par le Parlement remettent en cause les libertés publiques individuelles et collectives.
Mais face aux périls, des centaines de milliers de personnes ont manifesté le 28 novembre partout dans le pays pour s’opposer aux projets législatifs, au glissement sécuritaire, aux violences policières et au racisme.
Devant le succès des mobilisations, le gouvernement et sa majorité parlementaire tentent déteindre le feu qu’ils ont allumé et propose une "réécriture intégrale" de l’article 24 tant décrié de la loi dite "Sécurité globale". Mais il ne faut pas s’y tromper : cet article ne doit pas être "l’arbre qui cache la forêt".

L’"État d’urgence sanitaire" déroge au droit commun. La loi "de sécurité globale" dans son ensemble organise la surveillance policière et s’attaque à la liberté d’information (en commençant par la liberté de la presse). Le nouveau "schéma national du maintien de l’ordre" renforce les moyens répressifs de la police. La loi de programmation de la Recherche remet en cause les libertés académiques, l’autonomie de la recherche, le statut public des chercheurs, limite les libertés dans les universités. Le projet de Code de Justice Pénale des Mineurs priorise la répression, en alignant la justice des mineurs sur celle des majeurs. La loi "confortant les principes républicains" remet en cause les libertés d’information, d’opinion, de croyance.

A tel point que le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, la Défenseure des Droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme s’inquiètent des atteintes à de nombreux droits fondamentaux.

Le MRAP s’associe à l’appel pour des marches pour les libertés et la justice du 5 décembre. Au-delà, il poursuivra avec toutes les forces mobilisées la défense des valeurs républicaines, les droits et les libertés de toutes et tous, citoyens français ou exilés. Les droits et libertés des migrants sont aussi les nôtres !
La France se vante d’être le pays de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais une belle déclaration ne suffit pas ! Le MRAP continuera d’agir pour que ce pays soit, dans les faits, un pays des Droits de l’Homme pour tous les hommes, pour toutes les femmes, quels que soient leur situation et leur statut juridique.

Paris, le 3 décembre 2020