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Afghanistan, une défaite pour l’humanité

vendredi 3 septembre 2021, par Augustin Grosdoy, Président

Le MRAP a appris, comme tout le monde, avec désolation le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan. C’est évidemment et avant tout une catastrophe pour le peuple afghan, qui retrouve un régime violent et obscurantiste qu’il a déjà subi il y a 20 ans.

Les femmes tout particulièrement vont retrouver des oppressions institutionnelles et sociales aggravant les inégalités dont elles sont victimes. C’est inadmissible. Et c’est toute la population qui va être soumise à des préceptes prétendument religieux violents et d’un autre âge. L’Afghanistan rejoint le groupe des pays régis par un régime théocratique, comme l’Iran ou l’Arabie saoudite.
C’est aussi une défaite pour l’humanité. Aucun des mécanismes internationaux, ni l’ONU ni l’OTAN, n’ont pas été capables, depuis des décennies, d’aider le peuple afghan à construire la paix et la démocratie. Les interventions des grandes puissances impérialistes depuis plus d’un siècle n’ont fait que déstabiliser le pays.
Il est à craindre que ce nouveau régime, bien qu’unanimement considéré comme illégal, violent et rétrograde, trouve rapidement des soutiens plus ou moins discrets, en fonction des intérêts géostratégiques de différentes puissances voisines.
C’est aussi un échec de la solidarité internationale. Les premiers blocages sont déjà apparus au Conseil de Sécurité du fait de la Chine et de la Russie. Devant la détresse du peuple afghan, la première réaction du président français a été d’alerter sur… le risque d’un mouvement migratoire ! Tous les pays dits démocratiques n’ont de cesse de se défausser du devoir d’accueil des victimes actuelles et futures de ce pays soumis à la violence et la répression la plus ouverte. Ils n’ont pas honte de cantonner les réfugiés dans les pays voisins de l’Afghanistan, pays dont les régimes se révèlent justement proches des celui des Talibans.
Le MRAP exige, avec tous les démocrates et humanistes, l’accueil inconditionnel de tous les réfugiés, les femmes fuyant l’oppression, mais aussi les acteurs locaux de la liberté, journalistes, opposants, combattants et tous ceux qui craignent pour leur sécurité ou celle de leurs proches.

Le 3 septembre 2021