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10 décembre : et les droits de l’Homme ?

mardi 17 décembre 2019, par Renée Le Mignot co-Présidente

La Journée des droits de l’homme est célébrée chaque année le 10 décembre, jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.  »

La révolution française avait ouvert la voie en 1789 avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est en s’inspirant de ce premier modèle qu’au lendemain des monstruosités vécues au milieu du 20ème siècle, la communauté internationale a décidé de se doter d’un outil semblable . Une commission animée par René Cassin et Eleanor Roosevelt, rédigea cette déclaration acceptée par la totalité des membres de l’ONU : « Tous les hommes naissent égaux en dignité et en droit ».

Ce texte n’est hélas qu’une déclaration. Le premier droit, le droit à la vie, est cruellement bafoué sur l’ensemble de la planète : guerres, famines, peine de mort, malnutritions mais aussi peuples colonisés, femmes réduites en esclavage, enfants contraints de travailler.

La guerre avec son cortège d’atrocités sévit toujours en Syrie, Yémen, Afrique…. Aux portes de l’Europe , la Turquie a déclaré une guerre totale contre le peuple kurde et sombre chaque jour un peu plus dans le fascisme. Les peuples palestinien, sahraoui voient toujours leurs droits à l’existence bafoués au mépris des décisions internationales.

En Amérique Latine, les peuples, notamment indigènes, qui se soulèvent pour défendre leurs droits et leur dignité ( Équateur, Chili, Colombie, Bolivie, Brésil) sont sauvagement réprimés.

Un enfant de moins de 5 ans meurt de faim toutes les 11 secondes dans le monde. Cela représente plus de 3 millions d’enfants morts chaque année alors que 10 % des dépenses militaires mondiales suffiraient à éradiquer ce crime contre l’humanité.
Les migrants sont rejetés aux portes de l’Europe, entraînant chaque jour, des drames en Méditerranée.

En France, le racisme et les discriminations directes ou systémiques contre les personnes d’autre origine, d’autre religion, d’autre nationalité mais aussi à l’encontre des femmes, des personnes handicapées, des homosexuels perdurent.
Quelle égalité quand dans certaines cités, 50% des jeunes sont au chômage, où 20% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté ?,
Et quel esprit fraternel dans l’accueil si restreint des réfugiés, dans le rejet des migrants d’où qu’ils viennent, quand celles et ceux qui leur tendent la main deviennent des « délinquants » ?

La France est-elle encore cette patrie des Droits de l’Homme ou n’est-elle plus que le pays de la Déclaration des Droits de l’homme ?
Le MRAP continuera son combat inlassable pour que les principes de la Déclaration des droits de l’Homme deviennent un jour réalité.

Renée Le Mignot, co-présidente